Mes Mots Sont Insatiables

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24 novembre 2007

Thématique De La Femme Amoureuse

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Friandise

    Tous vantent ce sentiment comme un but à atteindre : la cerise sur le gâteau si j'en crois toutes ces déclarations - bien évidement chacun a sa propre pâtisserie. Les témoignages qui me décrivent cette gourmandise parlent d'un goût savoureux dont la langue ne se lasse jamais ainsi que d'un délice dont on reste insatiable. Ce serait une recette pleine de complexité que les meilleurs livres s'évertuent encore à enseigner en fournissant les ingrédients et les méthodes reconnues pour les préparer, malgré les probabilités dérisoires de réussir le plat du premier coup. La surconsommation de celui-ci, et ce toujours d'après les « on dit », ne rend obèse ni ceux qui en abusent ni ceux qui s'en privent ; un plaisir sans revers ?

Poupée Fidèle

    Ses bras se relâchèrent au long de cette chair ferme qui dessinait ses hanches, et d'un effrayant blanc elle passa au salon où près d'une fenêtre elle s'assit accoudée au rebord. L'image en était symboliquement poétique : celle d'une épouse résumée au triste sort de patienter jusqu'à ce que son digne amant resurgisse, à laquelle s'ajoutait un descriptif primitif de l'acte. Dans la perspective de lui voler une grimace d'euphorie, ses cheveux châtains et souvent emmêlés lui chatouillaient les épaules. Ils paraissaient un tantinet gras à cause de la chaleur néanmoins en les parcourant de ses menottes ils rendaient Ally stoïque. Tellement qu'on la sentit éteinte, évadée psychologiquement, et ce regard qui par routine brillait d'un éclat vert pêche se teintait progressivement d'une nuance égarée grisaillée. La jeune femme ne serait vite qu'une poupée prenant la poussière, sans réactions et incapable d'initiatives, tout juste amusante à observer. Sa peau café au lait qui faisait la richesse de son tissu ne résisterait pas aux attaques répétées de l'infanterie des mites, dévorée au banquet d'une misère dont elle faisait la joie. Un festin. Son visage serait engloutit en tant que dessert : la pièce maîtresse de cette succulente recette des rois ; s'il avait perdu son joyau de vie, il se serait maintenu en état. Ce qui est beau est bon, sa tête serait donc savoureuse.

Fiançailles

    Ravagée et mécontente de l'indignation qu'on lui imposait, sa colère s'exprima. D'abord de simples mots, termes d'insultes principalement, puis des gestes bafouant son innocence à jamais. Ses lèvres devinrent menaçantes et ses yeux profonds comme des cratères, on l'avait poussée dans une déchéance telle que son visage devint grave et hideux et ô combien explicite et révélateur. Sa voix prit un timbre jusqu'alors inconnu, enfoui sans doute sous cette présence d'esprit qui l'avait retenue à chaque événement avant celui-ci quand le vase permettait encore qu'on y ajoute quelques tasses si les doses n'était pas trop élevées. Les dernières miettes de sa béatitude venaient de s'éparpiller sur cette moquette sèche, synthétique comme ce qu'elle croyait connaître de lui. On les lui piétina sans scrupules. Le nez mince et raffiné de la demoiselle accentua les traits de cette dévorante haine qui parcourait son sang, et que dire de ce front plissé comme un pull tout juste sorti de la machine à laver ? Elle n'était pas que changeante. Transformée. Une furie. Une diablesse. Une femme. Car oui, la colère de l'une vaut l'un. D'ailleurs elle surpasse. Qui peut croire risquer la vengeance d'une épouse ?

- Julien WILHELM -


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